UE: Replacer la campagne des "Européennes" dans le contexte du parlement - explorer la singularité de cette election unique au monde.
Updated: Apr 25, 2024
1 - Les "Européennes" : des sondages inadéquats ! Illustration flagrante de l’incompréhension de ces élections reléguées au second plan et traitées comme une autre campagne nationale.
2 - Une négligence collective, in fine le choix des électeurs, qui affaiblit l'influence de la France dans un parlement international, où les députés français sont éparpillés et concentrés dans des groupes secondaires.
3 - Pour des sondages qui mettent en perspective le résultat des intentions de vote dans les groupes du parlement européen et recentrent la campagne sur les questions centrales liées au Parlement UE à Bruxelles/Strasbourg.
4 - Les "Européennes" : des élections particulières pour un parlement unique au monde avec des conséquences sur la vie des citoyens.
5 - Les thématiques de l’Union Européenne, un vrai marqueur de campagne.
Les "européennes" : sous-estimées et mal comprises, traitées comme une autre élection nationale, comme en témoignent les sondages.
Les élections européennes sont mal comprises. Souvent considérées comme secondaires, elles deviennent un exutoire pour l'électorat, habitué à les utiliser comme un vote sanction contre le gouvernement en place. Au final, ces élections sont traitées comme les autres scrutins nationaux.
Les sondages ne montrent que les intentions de vote des électeurs français. Ils nous renvoient à la mauvaise orientation de la campagne et des débats, réduits au strict espace français, ignorant la dimension extra-nationale du Parlement européen. Certains instituts qualifient à tort les élections européennes de "mi-mandat", comme un test pour le pouvoir en place, accentuant ainsi le caractère uniquement hexagonal des enjeux, ce qui est particulièrement trompeur. Il s'agit du renouvellement complet d'un parlement international siégeant en dehors du territoire. Ce n’est pas un renouvellement partiel des chambres du pays même comme les "mid-terms" américaines.
Durant la campagne, les journalistes préfèrent commenter ces sondages d'intention de vote des Français, dans le cadre de la politique "politicienne" nationale, reproduisant les clivages classiques entre gouvernement/opposition, gauche/droite et centre/extrêmes. Ils se cantonnent à ce qu'ils font d'habitude et passent à côté du véritable sujet. Quand un journaliste ne parle pas du Parlement européen (et de ce qu'il s’y passe), il ne couvre pas le sujet. Hors campagne, les médias abordent superficiellement les affaires européennes et ne consacrent que 3% de leurs sujets aux questions européennes, ce chiffre descendant à 1,5% pour les prétendues "chaînes d'information". Ils n'ont même pas de correspondants permanents au sein des institutions de l'UE. Ils ne peuvent pas aborder ce sujet de l'Union européenne sur une base solide et crédible lors de la campagne des Européennes. Pour ce faire, ils doivent consacrer un temps beaucoup plus important aux activités des institutions UE tout au long de l'année, en expliquant les impacts pour les Français à court et moyen terme.
Une négligence collective qui affaiblit l'influence de la France, in fine le choix des électeurs...

Les électeurs utilisent les « Européennes » comme un référendum sur la politique du gouvernement en place. Ils se trompent d'élection. Le vote sanction devrait avoir lieu lors des prochaines élections présidentielles et législatives. Si des Français souhaitent prendre une revanche sur la réforme des retraites, ils seraient très mal inspirés de le faire lors de ce scrutin.
Pourtant, beaucoup d’entre eux accusent l'UE de tous les maux : les "C'est la faute à l'Europe !", « tout se décide à Bruxelles », « l'Union européenne contrôle la France », « l'UE est trop technocratique et éloignée des préoccupations des citoyens ». Ces mêmes électeurs refusent de s'intéresser réellement et de prendre en considération les enjeux spécifiques de ces élections. Quelle contradiction !
La plus grande erreur réside dans la croyance d’un vote sans conséquences. Cette élection n'est pas prise au sérieux, ni par les partis politiques, ni par les médias, ni même par les électeurs. Par ce mépris, les électeurs français eux-mêmes nuisent à l'intérêt national, en donnant la plus faible influence à leurs représentants dans les groupes parlementaires les plus importants pour décider des lois et directives européennes.
La réalité au sein d’un parlement international : un éparpillement des députés français et une concentration dans des groupes secondaires...

Ce qui compte au Parlement européen, c'est le poids des groupes : EPP (centre-droit), S&D (sociaux-démocrates), Renew (libéraux et centristes), Greens (écologistes), ECR (conservateurs et traditionalistes), ID (nationalistes identitaires), Left (gauche radicale). Le pouvoir se joue surtout au sein des deux groupes majeurs : le PPE et S&D. Renew, Greens ont moins de poids, mais il s’est accru lors de la mandature 2019-2024, et ont pu peser davantage sur des arbitrages et faire passer des votes. Les groupes ECR et ID pourraient jouer ce rôle dans le prochain parlement, si leur progression se confirme. Left, NI, sont trop petits, isolés ou éparpillés pour jouer un rôle quelconque.
Les partis nationaux, les plus influents dans le Parlement UE sont ceux qui ont les plus gros contingents de députés au sein des plus grands groupes politiques. Au sein du PPE, c’est la CDU allemande, largement devant les Polonais de l'OP. Du côté de la S&D, le PSOE espagnol avec les Allemands du SPD et le PD italien. L'Allemagne ressort ainsi comme le pays le plus puissant, grâce au vote de ses électeurs. Pour trouver un accord transpartisan, les députés allemands, italiens, espagnols peuvent s'appuyer sur leurs représentations prépondérantes dans les deux plus grands groupes pour promouvoir les intérêts de leur pays respectif, face aux partis plus faibles des autres pays.
À l'inverse, un éparpillement des députés dans divers groupes ou une concentration de députés dans les groupes moins importants affaiblit l'influence du pays. C'est précisément ce qu'ont fait les électeurs français ! L'influence de la France a fortement diminué lorsque le nombre de députés UMP/LR et PS est devenu très minoritaire (seulement 5% des députés), au sein des deux grands groupes, le EPP et les S&D. Le nombre accru de députés pour le RN et Renaissance qui siègent dans des groupes de bien moindre ampleur ne peut pas compenser cette perte.

Au sein de l'EPP, quel est le poids de 8 députés LR face à 30 députés de la CDU ? Ces derniers vont chercher des alliances avec les plus grandes représentations comme l'OP polonais pour peser sur la ligne de l'EPP et voir ensuite trouver des accords avec le S&D. Le S&D, où, là encore, les députés "Place Publique" (apparentés PS) ne sont que 7 par rapport aux 30 députés PSOE et 20 SPD. Leur voix sera donc secondaire, voire inaudible. La France est le seul pays, parmi les 5 plus grands contingents (plus de 50 députés), à être en minorité dans les deux groupes.
Le problème de la crédibilité des groupes minoritaires se pose. Leur contingent est trop faible. Leur idéologie anti-UE les oppose fondamentalement et les isole face aux autres groupes. Leur absentéisme plus important les discrédite dans la pratique de l'exercice. Alors que le sentiment anti-parlementaire monte, les électeurs français choisissent d'envoyer les délégations les plus importantes, qui ne font pas campagne, sont associées à des scandales de détournement de fonds (Le RN sera jugé en septembre 2024 pour détournement de fonds publics) et à un absentéisme notoire au Parlement... N'est-ce pas contradictoire ? Ce sont des députés gaspillés pour la France.
Les électeurs français doivent saisir les enjeux spécifiques de ces élections européennes. Cela exige une réflexion plus profonde sur la responsabilité politique et la compréhension des dynamiques européennes au-delà de la scène hexagonale. Cette prise de conscience est cruciale car l'influence nationale en dépend dans cette arène multinationale. Les électeurs doivent considérer l'effet de levier (le poids de chaque parti national dans le groupe politique multinational) dans leur vote. Le pouvoir de renforcer ou de diminuer l'influence de la France réside entre leurs mains.
Des sondages nationaux mis en perspective dans le Parlement européen pour recentrer la campagne sur les véritables enjeux du Parlement européen.
Rappelons ces points fondamentaux qui sont trop souvent oubliés. Cette élection sert à élire des représentants de 27 pays qui vont voter des lois dans un parlement qui siège hors du territoire hexagonal. Au cœur de cette réflexion, les sondages devraient refléter cette réalité spécifique de ce parlement international. Par conséquent, il est nécessaire de présenter les intentions de vote nationale dans le contexte des 26 autres élections, de mettre en lumière la répartition des partis français au sein des groupes parlementaires ou plus simplement d'afficher le nombre de députés français dans chaque groupe. Cela permettrait de changer les perspectives. Les sondages sont cruciaux car ils reflètent et accentuent les dynamiques d'une campagne, le recentrage de la campagne commence par eux. En suivant cette mise en perspective, les journalistes seraient obligés d'adapter leur analyse et de se réorienter vers les vrais sujets pour les projets de loi discutés au Parlement européen. Les types de questions clés sur la dynamique parlementaire qui en découleraient :
- Conduite de la campagne : Quels partis mènent une campagne uniquement nationale ou en coordination avec des partis alliés à l'échelle européenne sur les prochains projets de loi du Parlement basé à Bruxelles / Strasbourg ? Par exemple, le groupe EPP a-t-il un programme, ou au moins un faisceau de lignes communes soutenu par Les Républicains en France, la CDU en Allemagne, Forza Italia en Italie et le PP en Espagne… ? En général, les groupes EPP et S&D se concertent. Alors que les partis qui forment le groupe ID mènent une campagne propre et différente de leurs pairs, portant le plus de différences entre eux et sont beaucoup moins coordonnés. Ce qui les affaiblit dans le cadre du fonctionnement du Parlement, qui est basé sur la concertation, la recherche d'alliances.
- Poids des députés français et leur influence pour promouvoir les intérêts des Français dans le Parlement UE : Sont-ils suffisamment nombreux pour avoir un poids significatif au sein des groupes parlementaires ? Quels sont leurs alliés au sein de leur groupe et éventuellement dans d'autres groupes ? Existe-t-il des convergences entre les partis français et leurs homologues d'autres pays membres ? Par exemple, le LR est-il plutôt proche du CDU que du PP et comment cela peut jouer sur des dynamiques transnationales ? Ils peuvent s'allier plus facilement avec les socialistes wallons plus que les conservateurs autrichiens ou les libéraux néerlandais ?
- Bilan, thèmes et programme pour la prochaine mandature UE, quelles lignes pour défendre les intérêts de la France : Quels sont les véritables thèmes abordés au Parlement européen ? Quels sont ceux qui diffèrent de l'agenda national : gouvernement français et l'Assemblée Nationale ? Quels thèmes se complètent et en quoi se complètent-ils ? Ces points sont à établir pour définir exactement sur et pour quoi les électeurs européens votent. Les débats, visent à établir des normes et à harmoniser les politiques à l'échelle européenne. Cela concerne par exemple l'agriculture (PAC), l'environnement, le marché de l'énergie, les enjeux technologiques, une coordination des politiques migratoires nationales, les traités de libre-échange, l'élargissement de l'UE, le fonctionnement des institutions (recentrer les prérogatives de la Commission), les questions de lobbying et de corruption (quoi depuis le Qatargate ?). Et si on commençait par le bilan de la mandature précédente pour recentrer le périmètre des débats ? D'ailleurs qui peut répondre à la question : quels sont les principaux travaux et textes votés entre 2019 et 2024 ? Après les élections, que va-t-il se passer au Parlement ?
Avec 79 députés sur 705, soit 11% de l'assemblée, la France a la 2e plus grande délégation parlementaire. La composition de cette délégation doit être optimale pour véritablement représenter les intérêts français. Les électeurs doivent se questionner sur la meilleure façon d'influencer les décisions et dans quels groupes envoyer les députés français pour optimiser cette influence, au risque de l'affaiblir.
Les "Européennes" : des élections particulières pour un parlement unique au monde avec un poids conséquent pour les citoyens de l'UE où chaque nation marque sa particularité.
Les élections européennes représentent un événement politique unique au monde, quels sont les équivalents sur les autres continents ? De plus, les implications sont majeures pour les citoyens de l'Union Européenne. Abordons-les avec l'importance qu'elles méritent, car les lois et directives de l'UE impactent directement la vie des citoyens de 27 pays différents.
Le Parlement Européen joue un rôle crucial, les textes de l'UE représentant une très grande partie de la source législative qui sera appliquée directement ou adaptée par le parlement de chaque pays.
Le mode de scrutin à un tour est également une particularité pour les Français habitués aux scrutins majoritaires à deux tours. Une approche pragmatique du "vote utile" est nécessaire, abandonnant les habitudes du vote de conviction du premier tour.
Chaque pays choisit son mode de scrutin, ce qui témoigne de la primauté de chaque État sur une soit-disant organisation fédérale centralisée à Bruxelles.

Les partis nationaux constituent les groupes par affinités politiques et peuvent en changer. La vie parlementaire UE est constamment marquée par l'évolution organique des partis selon leur objectif qui conservent leurs spécificités nationales distinctes. Nous sommes donc très loin de partis européens transnationaux d'un parlement fédéral européen supranational. Le caractère des nations est omniprésent au sein du Parlement UE. Les partis nationaux s'allient sur des principes, mais peuvent diverger, voire quitter le groupe initial. Ce ne sont pas des groupes politiques fédéraux trans-européens. Les groupes sont constitués après les élections et peuvent évoluer au cours des mandats. A priori, on connaît à l’avance dans quels groupes la plupart des partis nationaux vont siéger. Cependant, des négociations ont lieu et certains partis peuvent changer de groupe. Le Fidesz de V. Orban a quitté le EPP et se retrouve « sans étiquette ». Le parti de G. Meloni Fratelli di Italia pourrait quitter l'ERC pour rejoindre le EPP s'ils s'accordent sur les lignes et projets politiques. Par la même, ce type de procédure souligne le caractère national des campagnes.
D’autres pratiques spécifiques à ce parlement international, différentes des habitudes françaises. La recherche de compromis l'emporte sur les débats antagonistes gouvernement-opposition de l'Assemblée Nationale. Au parlement UE, aucun groupe n'a la majorité absolue. Les deux plus grands groupes EPP et S&D sont obligés de travailler ensemble pour trouver des compromis et faire passer les textes. La recherche de compromis s'est élargie aux groupes Renew et Green depuis 2019 grâce à leur poids plus importants et l'érosion de l'EPP et S&D. Bien que les élus sont regroupés par affinité politique, l'aspect national est omniprésent. D'où l'importance pour chaque État-membre d'avoir des contingents de poids dans les deux plus grands groupes. Une autre particularité : les différences culturelles s'affichent entre les pays habitués aux coalitions pragmatiques (Pays-Bas, Allemagne, Belgique) et des confrontations idéologiques (France, Espagne,…).
Un véritable engagement pour les enjeux des « Européennes » comme marqueur pour faire campagne...
Les partis politiques français eux-mêmes ne savent pas comment aborder cette campagne des européennes. À deux mois des élections, leur programme et leur liste ne sont toujours pas terminés. Ils errent entre des tentatives vaines de ramener des enjeux nationaux dans une perspective européenne. Également, ils utilisent le Parlement européen pour placer leurs personnels sans mandat national. Ce qui illustre un certain mépris vis-à-vis de ce qui en jeu : les intérêts des Français au niveau européen. Pourtant, l'UE est une création de la France (Monnet, Schuman, Delors). Les Français devraient célébrer ces initiatives et optimiser leur utilisation.
À cours d’imagination ou à cause d’ambitions nationales égotistes, certains politiciens cherchent à recréer des alliances nationales pour un parlement international. Une démarche absurde car chaque parti siègera dans un groupe distinct avec des orientations politiques divergentes voire opposées. On voit mal le SPD ou les Grunnen (pro-EU) accepter l’influence de LFI (anti-EU) sur le PS Français et les Verts (pro-UE) et le S&D (pro-EU). Donc les tribunes pour former de nouveau la NUPES, pour battre le RN, pour battre Macron et demander la dissolution de l'Assemblée Nationale, ou faire une campagne sur la Palestine - Tous hors sujets ! Ceux qui proposent ces initiatives se décrédibilisent d’entrée, car ils n’ont pas l'UE en tête, ni surtout les intérêts des Français, mais surtout leurs propres ambitions personnelles !

Le parti politique qui s’emparera des véritables enjeux aura le potentiel de se démarquer et de créer un capital de crédibilité auprès de l'électorat en quête d'authenticité. C'est ce que fait R. Glucksmann (Place Publique / PS, S&D). Faire une campagne axée sur les projets de loi à venir, avec une vision sur les institutions UE, la place de la France dans cette organisation européenne,
asseoir le bilan et communiquer sur son activité au Parlement UE serait une base solide dans la compréhension des enjeux européens. Proposer une véritable conduite pour l’UE au niveau continental et éclairer sur les intérêts de la France est un vrai marqueur politique. C’est un moyen de mener et les thèmes de campagne et de capter l'intérêt des Français. Les journalistes seraient obligés de mieux se préparer et de lâcher les intrigues parisiennes et au sempiternel débat Europe fédérale contre Europe des nations.
Ce choix doit être incarné par le choix de représentants sur les listes. Ils doivent être impliqués dans une vision de portée européenne, au lieu d'y placer des opportunistes qui ne pensent qu'à leur futur en France. Les élus qui font plusieurs mandats sont ceux qui ont le plus d'expérience pour faire avancer les intérêts de leur pays dans les rouages de l'institution. Il s'agit aussi de faire intervenir ces députés dans les médias français sur les débats européens, au lieu des affaires dans les appareils parisiens.
En résumé, deux séquences distinctes se dessinent actuellement : une campagne nationale juxtaposée et déconnectée des travaux qui ont lieu dans un Parlement multinational. Les sujets abordés pendant la campagne disparaissent une fois que le mandat parlementaire débute, et les médias ne s'y intéressent plus. On n'entend, juste entend, parler du Parlement de l'Union Européenne uniquement pendant la campagne, et rarement pendant le mandat.
Le but de cette élection européenne est précisément de prendre en compte la voix des citoyens des 27 pays membres, pour répondre à des défis au niveau continental. L’objectif des institutions UE est de compléter et de prendre le relais des actions nationales quand la coopération au niveau continental l'exige. C’est dans l'intérêt du consommateur-travailleur de sortir de sa vision à court terme locale et de se transformer en citoyen responsable pour un projet de plus grande envergure. Pourquoi ne le fait-il pas ? Aux citoyens d’exiger la mise en perspective des sondages nationaux dans la perspective des groupes parlementaires pour suivre les dynamiques. Aux journalistes de changer leurs approches, de mettre plus de moyens sur les questions aux enjeux, bien au-delà de leur copinage de science-po. Cela renforcera leur crédibilité et offrira aux électeurs une information plus éclairée.


